Les berbères habitent généralement les endroits reculés et difficiles d'accès tels les montagnes et déserts. Ils sont présent en grand nombre dans tout le Maroc. Le Routard dit (...) ce sont parmis les plus anciens habitants connus du pays et ils représentent les deux tiers de la population. Entre eux, les berbères s'apellent Imazighen, c'est à dire homme libres. (...) On distingue plusieurs groupes. Ils sont musulmans. (...) Les populations ont été rapidement islamisées (...) (par les arabes).
Les berbères possèdent leur propre culture, coutumes, musique, drapeau et surtout leur propre langue. Ils tiennent (c'est compréhensible) à sa conservation et promotion. La langue étant parlée mais non écrite, ils ont donc adopté en 2003 un alphabet pour pouvoir l'écrire et ainsi s'assurer de sa pérennité. Or celui ci semble très complexe à apprendre, voici un exemple. Et si vous êtes curieux de connaitre une à une les lettres: http://www.mondeberbere.com/langue/tifinagh.htm
Les enfants doivent mettre beaucoup d'effort pour apprendre comment écrire la langue, tout en sachant que plus tard s'ils veulent travailler en tourisme (la plus grosse industrie du pays) ou remplir des papiers du gouvernement, il vont devoir apprendre l'arabe et/ou le francais. En tant que québécoise, je comprends leur besoin de protéger et promouvoir leur langue. Toutefois, Mustapha m'a parlé qu'il arrive que pour certain, ce soit la unique chose qui leur importe. A en oublier qu'il faut se mettre ensemble pour faire avancer le pays et régler d'autres problèmes encore plus importants (créer des emplois, etc).
Certains berbères n'apprécient pas du tout les arabes qu'ils considérent comme oppresseurs. Ils se font des prix spéciaux entre berbères et refusent d'aider un arabe. Anecdocte. On fait du stop, une camionette de berbères nous embarque. La porte ferme mal, le chauffeur fait un geste à Mustapha en parlant en berbère. Mon ami comprend à cause du geste et ferme la porte. Quelques minutes plus tard, le chauffeur demande de quoi en berbère à Mustapha, celui-ci lui dit de lui parler en arabe. L'homme arrête aussitôt la voiture, nous dit de descendre. (Pas question de nous aider davantage, car on est arabe). On fait le reste du chemin à pied.
Il ne faut pas généraliser puisque des jeunes berbères se mêlent aussi facilement aux autres cultures et sont très sympathiques ; Mustapha en fréquente plusieurs.
En savoir plus sur la culture berbère: http://www.mondeberbere.com/
mercredi 9 avril 2008
Les berbères
Ouarzazate
Le matin Mustapha et moi allons visiter la casbah de Aït-Benhaddou, classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Plusieurs films hollywoodiens y ont été tournés. Il y a plein de petites pièces terreuses à découvrir, des centaines de petites fenêtres croches (idéales pour prendre des photos), d'anciens objets poussiéreux jonchés sur le sol. Encore, un se sent comme un explorateur d'un jeu vidéo ;
et si cette jarre cachait un objet mystérieux valant 3000 pts ou une clé magique permettant d'accéder au prochain niveau? Non ca parais tu pas assez qu'on est de la génération des jeux vidéos? ... Je suis vite ramenée sur terre par une vision me brisant le coeur, une petite fille d'à peine 8 ans tisse un grand tapis avec ses petits doigts, pour la vue des touristes. Je me sens mal, j'ai envie de lui donner de l'argent pour qu'elle aille jouer. Mustapha me console en me disant qu'au moins elle apprend quelquechose, le tissage. On sort et on croise un troupeau de gaori (touristes étrangers) grisonnant se suivant comme des moutons, caméra au cou. Ca me fait encore plus apprécier le fait de voyager librement à mon rythme, avec une personne de la place.
On se rend aux studios Atlas ou on visite les plateaux de tournage de films. Plusieurs histoires se déroulant en Egypte sont filmées ici car c'est moins couteux. On voit des temples, des statues égyptiennes en carton à moitié cassés, dont la peinture s'en va. Ca serait tellement cool de voir les vraies pyramides, le vrai sphinx, je dis à Mustapha. Il me regarde. On va en Egypte. Un instant passe, je lui réponds en souriant Ok! Anyway une semaine en Espagne ca va me couter très cher et pour un peu plus on pourrait aller visiter la légendaire Egypte.. Et c'est maintenant qu'il faut en profiter, ayant un ami arabe à mes cotés.. (à suivre)Le soir après une marche dans le marché, la grande place et les larges trottoirs bordant les larges rues de Ouarzazate, on revient chez Simon. S'en suivit un cour de salsa donné par Isa à Mustapha, Simon, Ismail et Mouasine. Très le fun.
mardi 8 avril 2008
Vallée du Dadès
A bord du taxi entre Boulmane et la vallée on fait connaissance avec Daouda, un musicien berbère co-propriétaire d'une auberge ;
Mustapha nous négocie la chambre à très bon prix. Les chambres restantes sont occupées par un groupe dont les enfants turbulents, entre cacophonie d'instruments et course autour du poteau du salon, nous donnent mal à la tête. Le lendemain matin on entreprend une rando débutant à l'arrière de l'hotel. Après avoir traversé la rivière on apercoit un caméléon ayant quitté une plante vers un rocher, passant graduellement du vert au gris. Le chemin est bordé
à gauche par des formations rocheusesaux formes étranges parsemés de petites cavernes utilisées par les berbères. A droite une rivière traverse une mosaique de cultures de différents verts. On regarde à gauche, puis à droite : on se croirait dans deux pays différents, c'est fou! Après avoir croisé une sauterelle aussi grosse que ma main, on enjambe une cascade et on observe les dizaines de jranas (grenouilles) y nageant. Des casbah brun-orangé surplombent la vallée et de jolies fleurs sauvages blanches, jaunes, orange, rouge et mauves viennent compléter le paysage. La randonnée se termine au village, ou on fait du stop pour revenir. Deux touristes casablancais très gentils d'une cinquantaine d'années nous embarquent et on file vers les hautes gorges. On prend le thé ensemble en discutant puis ils nous ramènent à l'auberge.
Le lendemain matin on se joint à Daouda qui nous amène à la Vallée des Roses ou il doit aller payer un chameau. La vallée ressemble un peu à celle du Dadès, mais en un peu moins merveilleux. Sa particularité réside dans son nombre de rosiers, qui doivent être d'une grande beauté lorsqu'ils sont en fleurs. On était tout juste avant la floraison, alors on vit seulement que quelques boutons. On fait une autre petite rando puis on revint en camionette de berbères. Au village j'achète des trucs à la rose pour ma mouman et ma sister.
Le matin suivant on entreprend une rando dans les canyons, ou se trouvent les doigts des singes, rochers ressemblant à des mains gantées comme celles des primates. On traverse de pierre en pierre pour ne pas se mouiller les pieds. On se glisse entre et sous des espaces quelques fois assez restreints. Des énormes rochers bloquent le chemin et on s'aide mutuellement pour grimper les parois. On doit même monter assis dans les airs, le dos acôté sur une paroi, les pieds contre l'autre. Très cool on se croirait dans un jeu vidéo ; trop le fun pour des enfants. On poursuit mais le chemin devient de plus en plus abrupte. On échappe notre bouteille d'eau vide qui dégringole. Hmmm C'est un peu dangereux ici. On monte ou pas? Ca serait surement faisable, avec une corde et un casque j'hésiterais pas, mais comme ça pas sure.. Je pense à mes parents, j'entends la voix de mon popa qui dit C'est assez là Isa, descend. Tant pis, on rebrousse chemin et on remonte par un autre sentier. (Parenthèse, il m'arrive aussi d'entrendre la voix de ma mère qui dit Enlève ta casquette! lorsque que je m'en vais pour prendre une photo avec une casquette) ;)
photos ici:
http://picasaweb.google.fr/IzzabelleM/Maroc_DadesOuarzazate
Escale à Errachidia
Ma fidèle caméra, après un an et demi de loyaux services a rendu l'âme. Nous sommes revenus à Errachidia dans l'espoir de pouvoir la réparer. Après avoir été échappée en Equateur, aspergée d'eau au Sénégal, elle a finalement succombé au sable du désert marocain. Rien à faire, elle est capoute en bon québécois. Mustapha réussit à me trouver exactement la même: Canon, neuve, en version 5px. Vendu!
Le soir on aide la cousine à mon ami lord de son déménagement. Il y a beaucoup de trucs à descendre des 3 étages, alors j'offre un coup de main. Les femmes me disent qu'il faut me contenter de faire des petites tâches, du rangement...no way! Tout le monde est surpris de me voir transporter des trucs lourds, des tables, des bouts de bois, comme un homme. Les hommes me disent après 5 voyages, tu dois être fatiguée faut te reposer. Tsss du tout! Est ce qu'il a besoin de se reposer lui, je pointe un garcon, alors moi non plus, et je repars en montant les marches 2 à 2. Kin!
mercredi 2 avril 2008
Mustapha
Mustapha a 24 ans et étudie en finances. C'est un marocain de la lignée Alaouite, les descendants du Prophète venant d'Arabie.
Comme 95% des marocains, Mustapha est Musulman. Comme tous les marocains, Mustapha boit beaucoup de thé et mange beaucoup de pain. Comme beaucoup de marocains, Mustapha apelle les mois par leur numéro au lieu de par leur nom (mois 3= mars, mois 8=aout). Comme plusieurs jeunes marocains, Mustapha possède un cellulaire, avec deux puces. Il ouvre l'appareil et change la puce selon la personne qu'il veut appeler (les appels sont moins chers entre abonnés de la même compagnie). Comme beaucoup de marocains, lorsque Mustapha enlève ses souliers, il enlève aussi ses bas.
Mustapha aime bien Avril Lavigne, Evanescence, le gnawa (musique du désert) et... Céline Dion! Mustapha a comme sonnerie de téléphone My Heart Will Go On de notre Céline nationale. Ca me fait rire à chaque fois que je l'entends. (Surtout au désert, javais l'impression que même si j'allais loin de la civilisation, Céliiiine finissais toujours par me rattraper). Mustapha conjugue la 3e personne du pluriel à la 1ere personne du pluriel (Ils faisons). Mais il s'améliore lentement. Lorsque Mustapha prend une photo, il en prend toujours 2, une horizontale et une verticale, de la même chose. Mustapha préfère le contour dur du pain à la mie molle ; moi c'est l'opposé alors souvent je finis le centre qu'il veut pas.
Mustapha a beaucoup de contacts, surtout dans la région d'Errachidia. Il aimerait peut-être un jour être parlementaire et ca parait parce qu'il connait beaucoup de personnes et est toujours sympathique avec tout le monde. Surtout avec moi, il est super patient avec moi, qui parle quelquefois avant de penser.. Aussi il fait super attention à moi, il veille à ce que je fasse pas de mauvaises rencontres. Si j'ai besoin de quelquechose il le trouve rapidement et au plus bas prix. Vraiment, je suis entre bonnes mains.
mardi 1 avril 2008
Merzouga, le désert
On arrive juste à temps pour voir le coucher de soleil sur les dunes. On loge à une augerge qu'on connait grâce à un ami de Mustapha, Driss, et pour lequel on a eu un bon prix à cause de l'ami de l'ami de mon ami qui est guide et y amène ses groupes. Vive les contacts. On nous sert un huge tajine aux légumes pour diner (souper) avec ...une bouteille de vin blanc! Fou! Après le diner on va à l'arrière de l'hotel pour observer les ètoiles. Driss m'amène un tit matelas et une oreiller. Parfait! Je m'allonge et j'essaie de trouver les constellations je connais. Orion est devant moi, et la grand Ourse est à l'envers. Une étoile filante passe avec une longue trainée. Quoi! Wow! On va se coucher, pour se reveiller à 5 am pour le lever du soleil.
On se rend jusqu'à al grande dune à moitiés-zombis. Le lever est bien mais l'aube, sont aiment encore mieux, les dunes jetant leur ombre les unes sur les autres aux premieres lueurs du jour. On revient et apres une courte sieste on va se balader. Le désert est bordé d'une palmeraie verdoyante. Il parait que plusieurs personnes sont retournées à leurs terres ces dernieres années puisque il y a beaucoup de précipitations. Il y a 2 ans il, y a même eu une inondation qui q ravagé plusieurs auberges. Encore les changements climatiques. J'apercois une mini-tornade de sable. Cool! Comme dans Super Marios Bros 3, le monde 2, le tableau avec le soleil... :P. On décide de faire une rando en chameaux, question d'aller un peu plus lloin dans le desert, ou il n'y a pas de traces de pas ou de 4x4 sur les dunes.
Tout le monde les apelle chameaux, pourtant ce sont des dromadaires puisqu'ils n'ont qu'une bosse. Au debut j'avais un peu peur, puisque les deux fois que j'ai monté à cheval je n'avais pas eu une bonne expérience. Le fait de ne pas avoir à diriger et de pouvoir se tenir apres un tit truc en métal me rassura. Faut toutefois bien se tenir et ranger la cam lorsque la bête en question descend une pente car elle glisse et donne un coup à chaque pas. Enfin on se promène dans les grandes dunes sans traces, comme je voulais. On a l'impression de se promener dans un wallpaper de Windows! je lance à mon ami. Ca y est ce matin Mario et maintenant Windows, ma vie est définitivement trop imprégnée par les bébelles électroniques! Après 1h30 de chemin on arrive au campement, à coté d'une dune gigantesque. Il y a plusieurs campements aux environs avec des chameaux se reposant, donc on a pas l'impression d'etre seuls au monde. On dort au bivouac, on se reveille au lever et on repart à dos de dromadaire, avec un mal au derrière du à la balade de hier. Les dunes ont presque l'air irréelles. On revient au village et on embarque à l'arrière d'une camionette de berbères, ou je fais le chemin assise sur une caisse de lait.
photos ici:
http://picasaweb.google.fr/IzzabelleM/Maroc_ErfoudMerzouga
dimanche 30 mars 2008
Erfoud - Rissani
Rissani
Ce qu'on remarque avant tout à Rissani ce sont les femmes, ces fantômes noirs. Vêtues d'un grand tissus les recouvrant de la tête aux pieds, laissant ou non entrevoir leurs yeux, elles se promènent en petit groupe. Ce sont seulement celles mariées qui s'habillent ainsi, afin de conserver leur féminité. Elles doivent avoir chaud sous tout ca, mais c'est la coutume et ca ne les gêne pas du tout. M'enfin.. Après discussion avec la cousine de mon ami elle en vient à me dire que en général ca ne les gêne pas, mais que celles qui voudraient faire autrement seraient mal perçues alors elle préfèrent se soumettre à la coutume. Nous sommes allés visiter un ancien palais Alaouite, ou j'ai pris une tonne de photos des arches, des portes, des pots... Ensuite rapide visite au mausolée du chef des Alaouites car la nuit tombe. J'étais un peu déçue de faire le reste du circuit la nuit tombée, mais c'était pas si mal puisque ça donne une autre ambiance.
Erfoud
On revint à Erfoud ou on va visiter des hotels.. trop beaux!!! La porte d'entrée de l'hôtel CherGui donne sur une cour au sentier illuminé de bougies menant vers une piscine bleue. Les deux lignes parallèles du chemin, avec les grandes tour en arrière-plan et la piscine bleutée en avant-plan, la comparaison est peu-être un peu extrême, mais sur le coup ca me faisait penser au Taj Mahal. J'explore le reste de l'hôtel, tout est trop beau, et décoré de facon super originale. Des gigantesques motifs sont gravés à même les murs en terre. Des tables couvertes d'une vitre renferment une oeuvre d'art de pierre taillées. Les miroirs, arrondis, triangulaires. Les portes archées, les belles peintures, les couteaux de sultan. Et les lampes. Surtout les lampes. Les lampes trop belles, multicolores et disposées tout en haut ou tout en bas. Les lampes diffusant une mystérieuse lumière à motifs. Vraiment, je capote. On s'informe du prix d'une chambre, juste comme ca, 1200 dirhams (120 euros) la nuit pour 2, pas étonnant, mais reste que c'est pas si cher pour un endroit de cette beautée. On sort, et on va à hotel voisin, Xaluca. Erfoud abrite des hotels de ce luxe pour les touristes, souvent espagnols, venus faire le trajet Erfoud-Merzouga en 4x4. On revient à Erfoud déguster des sandwichs en buvant un très bon jus d'avocat aux fruits séchés.
Le lendemain matin, on va avec Youseff, qui enseigne dans une école d'un village du désert à des enfants berbères. Je vois des panneaux sur les toits, on me dit que ces panneaux solaires fournissent l'électricité du village. On explore la palmeraie ou on apprend comment les palmiers dattiers sont fécondés : pour assurer la production de fruits on doit aller grimper aller couper la branche contenant les graines sur le mâle et grimper au palmier femelle aller déposer la branche. Il fait et on vient nous servir du thé encore plus chaud sous les palmiers. Sur le chemin du retour, la vieille voiture tombe bien sur en panne. On attend, on pousse et on revient à Erfoud manger une pizza marocaine, madfouna. On l'apelle pizza mais ca me faisait plutot penser à une tourtière à croute de pizza. Bon, plein d'épices un peu comme le kafta.
Le matin suivant on va à une usine à fossiles. Il y a des tonnes de fossiles dans la région, lors de la panne de voiture jai aussi trouvé du bois et du corail fossilisé. L'usine fabrique plein de trucs avec ces fossiles et du marbre: cendriers, lavabos, comptoirs, miroirs.. J'ose même pas penser à ramener un de ces objets pesants et je me contente d'acheter deux trilobites.